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 - Niroy Part I

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La Volonté de Kaen
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Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: - Niroy Part I   Mar 22 Jan - 20:00


VALLEE DU KHRIZIX – ETAT MONARCHIQUE DE DISSITZZ


Engoncé dans tenue de combat hivernale, le lourd étui du masque à gaz se balançant sur la cuisse et la moufle droite crispée sur la sangle de son Wilson MK2, le sous lieutenant Benguesmia du 3ème régiment d’infanterie « Manhe » contemplait l’apparente infinité des collines sèches et pierreuses qui s’étendaient autour de lui. Il lâcha la sangle de son pistolet-mitrailleur pour extraire maladroitement ses jumelles de leur petit boîtier de cuir.
Il avait beau être doté d’une constitution que l’on pouvait qualifier aisément d’exceptionnelle, il n’en souffrait pas moins durement du froid et des privations qu’entraînait la guerre…

Devant, le sentier de patrouille continuait jusqu’à Varanya, bordé à l’est par une ligne continue de fil de fer barbelé accumulé là par des années de retranchements frénétiques. Le chemin descendait dans une sorte de combe avant de se lancer en zigzaguant à l’assaut d’une colline un tant soit peu plus haute que les autres.


Au sommet du monticule et dévalant la pente sur le versant est, le poste avancé Varanya étalait ses lignes de défense hérissées de piquets et de barbelés, parcourus de tranchées caillouteuses et de pauvres abris de pierres et de tôle. Ca et là, de rares surfaces planes étaient aménagées, des sortes de petites terrasses où trônaient des mortiers de 81, des mitrailleuses 7.62 et 12.7 et même des pièces antiaériennes de 20mm. De la fumée s’échappait par les cheminées bricolées qui perçaient les toitures de tôle. Parfois, on apercevait la silhouette d’un soldat qui passait d’un couvert à l’autre.

Benguesmia connaissait bien le secteur. L’arrivée au poste Varanya marquait le milieu de l’itinéraire de la patrouille. C’est là, chez les Niroyens du 17ème régiment héliporté du Death Squad « Tsamaba » que les volontaires désignés pour les trois patrouilles journalières de trente-cinq kilomètres pouvaient souffler un peu après avoir parcouru les douze premiers dans la pierraille des collines.

Le lieutenant Benguesmia se retourna vers ses hommes qui suivaient péniblement à une vingtaine de mètres derrière lui.

Il y avait là sept autres pauvres soldats transis de froid, sept vaillants combattants de la République Impériale de Centile paumés dans une saloperie d’Incarnat éloigné de tout, quelque part aux limites très floues de la Constellation du Bœuf. Sept gamins d’à peine dix-huit ans qui, après avoir échoué aux examens scolaires dans leur Incarnat d’origine, s’étaient automatiquement retrouvés dans un centre de formation militaire pour une période de deux ans.
Après quoi ils avaient été envoyés en service en zone d’occupation sur divers incarnats comme Ggy ou tant d’autres avant d’être finalement expédiés sur une zone de front sur l’un des deux continents en guerre avec les Xyots.

Heureusement pour eux, les chances de survivre ici étaient bien meilleures que plus au sud, sur le front de Klharthi, où tous les six mois l’un ou l’autre camp essayait de reprendre une côte « d’un intérêt tactique majeur », comme disaient les holovisions d’actualités.


« Oh les gars ! Courage ! On y est presque ! Et même si ces damnés Niroyens ne sont pas fournis en bon whiskey, nous aurons au moins le plaisir d’avoir un café chaud ! En avant ! »


Benguesmia reprit sa pénible progression en équilibre instable dans la pierraille roulante qui tapissait le chemin de la colline. Avec d’autres hommes, il suivait tous les matins depuis bientôt quatre mois ce sentier de mule, de poste en poste le long de Khrizix.

En face, tantôt les Xyots, tantôt des troupes auxiliaires Grumbiennes pratiquaient le même sport. Depuis bientôt un an, le front était « stabilisé », c’est-à-dire qu’en dehors d’accrochages ponctuels, et pourrait-on dire presque accidentels, entre patrouilles, les combats avaient à peu près cessé. Ce n’était pas un théâtre d’opérations facile d’accès, ni pour eux ni pour l’ennemi.

Ici, même les aéroplanes avaient du mal à distinguer d’une colline à l’autre.
Ici, les chenilles des chars cassaient et les pneus des véhicules blindés crevaient.
Ici, les essieux des camions et autres véhicules lourds se brisaient, rendant presque impossible d’y amener de l’artillerie.

Bref, c’était le royaume du fantassin et des troupes héliportées.

L’officier reprit ses jumelles et fit un tour d’horizon à l’ouest, le temps pour ses hommes de le rattraper. Après tout, c’est à ça que servait la patrouille : surveiller les activités des criquets. Presque en face de Khrizix, au-delà d’un no man’s land d’un peu moins de deux miles de large, une haute colline pierreuse portait comme une couronne les retranchements du poste d’appui principal de l’ennemi : Le Rectum comme on l’appelait ici, car rien de bon pour toi ne pouvait en sortir, ou encore Kranhix selon son nom de code officiel.

Dans les jumelles, on distinguait très bien le chemin des patrouilles ennemies qui reliait entre eux les points d’appui de la ligne de front et le Rectum trônait au centre.

C’était une masse inquiétante d’une formidable puissance où non seulement les Xyots étaient protégés par de la pierre et des barbelés, mais où était implanté un nombre important de casemates de béton dont la rumeur jalouse qui courait parmi les troupes centiliennes voulait qu’elles tiennent à leur disposition tout le confort dont un soldat pouvait rêver !

Le capitaine Laguerre le bien nommé, supérieur direct de Benguesmia, avait à ce propos lancé un trait au mess des officiers en déclarant que le jour où l’ordre serait donné de prendre d’assaut les lignes ennemies, la promesse d’une douche chaude serait la meilleure des motivations pour faire charger la troupe face aux Xyots.

Le lieutenant se laissait volontiers aller à la rêverie quand il commandait la patrouille. Il aimait cet horaire, à la dernière ronde de nuit qui, en fait, se déroulait après à peine une heure d’obscurité, dans la lumière éclatante du matin.

Au loin, au nord, on distinguait de hauts sommets enneigés et la sécheresse du climat offrait presque à tous les jours la vision d’un ciel pur et d’un bleu si intense qu’il en faisait presque mal.

Pourtant, ce matin là, une activité inhabituelle en face le tira de sa contemplation.
Le long des lignes xyotes, plusieurs groupes se déplaçaient. En dépit de probables efforts de discrétion, il était visible qu’au moins une demi-douzaine de compagnies avaient pris position dans leurs tranchées.

Benguesmia était incrédule. Il ne lui semblait pas possible que les criquets puissent envisager une attaque ici.
Pourquoi feraient-ils une chose pareille ? Deux petits jets de fumée noire attirèrent sont attention. Ils trahissaient la présence d’un véhicule lourd dans la petite gorge qui servait de chemin d’accès aux troupes xyotes. Un char sûrement ou bien un tracteur d’artillerie…

Quoiqu’il en soit, ce n’était pas normal. Le caporal Martin le rejoignit.


« Monsieur ? Quelque chose qui ne va pas ? »


« Non. Rien… Enfin… Il y a une activité anormale chez les Criquets. Il faudrait la signaler au QG. »

« Bien Monsieur ! Costanzo ! Venez ici avec votre radio ! Charki, placez la mitrailleuse en batterie ici ! Les autres : A couvert ! »

Benguesmia regardait le pauvre Charki se hisser péniblement jusqu’à ses supérieurs en trébuchant dans la pierraille, son lourd fusil-mitrailleur lui meurtrissant l’épaule. Costanzo suivait derrière, peinant comme un âne sous le poids de l’énorme radio qu’il portait sur le dos.

Quelle tristesse que de devoir utiliser un si antique matériel en raison des dissonances magnétiques de cet incarnat… tout aurait été plus simple avec leur armement habituel et cette guerre aurait été remportée depuis belle lurette !

Tandis que le premier déployait le bipied de son arme et s’allongeait sur la caillasse, le second assis au sol, tournant le dos au caporal. Accroupi face à la radio, il tournait frénétiquement la manivelle tout en criant dans le combiné :


« Allo ! Allo ! Ici Compagnie des Brumes ! Me recevez-vous Grand Œil ? »



Benguesmia songea en l’observant qu’il y avait au moins un homme aguerri dans son groupe. Dès que les opérateurs du quartier général répondirent, le lieutenant vint s’accroupir à côté de Costanzo et, lui prenant le combiné, signala les mouvements inhabituels.

Quand le rapport fut fait, le lieutenant donna ordre à la patrouille de reprendre la marche et, après que le pauvre Costanzo se soit péniblement relevé, la petite troupe commença à descendre en file indienne dans la combe.

La patrouille n’avait pas encore atteint le fond quand tous levèrent les yeux. Au dessus d’eux se faisait brusquement entendre le bruit d’un aéroplane. Dans l’immense ciel bleu, ile ne fut facile pour personne de localiser la source de ce son qui angoissait tous les fantassins du monde et dont les collines pierreuses renvoyaient l’écho.

Soudain, Martin s’écria : « Là ! » en montrant du doigt un point de la voûte céleste où tous les yeux du groupe se portèrent vivement. Un petit et antique appareil de reconnaissance xyote survolait le no man’s land.


« Ca va les enfants ! » lança Benguesmia.
« Celui-là ne peut nous causer de torts. Avançons ! » s’exclama-t-il avec un grand geste d’invite du bras.

Alors qu’il commençait à peine l’ascension de la colline, on entendit le puissant aboiement saccadé et tonitruant des 20mm antiaériens de Varanya qui tentaient de faire un carton sur le petit curieux.

Se retournant, il vit ses hommes recroquevillés derrière un muret de pierres sèches, le visage crispé, la tête rentrée dans les épaules jusqu’à les toucher avec le bord du casque, qui roulaient en le regardant des yeux effrayés.

Aucun d’entre eux n’avait probablement jamais entendu le bruit de l’artillerie sur un théâtre d’opérations. Même si ces canons étaient Niroyens et par conséquent ne visant absolument pas la patrouille, leur son restait effrayant.


« Ce n’est pas sur nous qu’ils tirent les enfants ! Allez ! Haut les cœurs et en avant ! »
ce disant il se concentra sur sa troupe pour leur insuffler autant de courage que possible. C’était son pouvoir couplé à ses qualités naturelles de leader qui avait fait de lui un chef de l’armée d’occupation.

En dépit de l’assurance qu’il voulait laisser paraître, le lieutenant se rendit néanmoins compte que sa voix tremblait un peu. Il se demandait vraiment ce qui pouvait bien se passer et n’avait qu’une hâte : mettre ses hommes à l’abri relatif de Varanya aux côtés des trois cents soldats du Death Squad Niroyens du major Munroe qui s’y retranchaient.

Il fit donc accélérer la marche en espérant que rien ne leur arriverait d’ici à ce qu’ils arrivent…
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