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 Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue

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La Volonté de Kaen
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MessageSujet: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mer 21 Oct - 16:19

Les membres du HCC et les moines t'accueillent avec des sourires soulagés. Les vallons meurtris par les tirs ont rendu le terrain chaotique mais néanmoins vous respirez un air neuf dont le vent a balayé les odeurs de poudre et de brûlures. 


Tu sens très vite que sur toutes les lèvres se posent une question : et maintenant ?
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Alexei Orlov

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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mer 21 Oct - 20:52

La colère de Prius est légitime, je l'accepte. Pourtant, dans l'absolu, je regrette son départ, son abandon du but de son Père ... du moins pour le moment. Prius est intacte, il a encore une vie à vivre, des combats devant lui. Des choix à faire. Qu'importe son amertume, l'important c'est qu'il vive. Alors que je m'écarte pour rejoindre les moines, je passe aux coté de Galu pour lui glisser quelques mots.

"Puissant Galu, je n'oublie pas ce que vous devez à mes hommes. Je prie pour que vous ne l'oubliez pas"

Je m'incline alors respectueusement avant de continuer mon chemin. Je regarde les Linoriens et El'Ca, je les invite à me rejoindre si cela ne les dérange pas. Au milieu du HCC et des moines, je me sens, au départ à ma place. Je me sens, pour la première fois depuis longtemps, Centiliens. Je les salue respectueusement, comme je le fais devant des frères avant de leur dire :

"Mes frères, je ne sais pas vous mais ..."

Je regarde encore ma peau parcheminée avant de regarder le carnage au milieu duquel nous nous trouvons.

"J'ai trouvé cette journée bien éprouvante"

Je regarde alors les membres du HCC avant de leur demander.

"A moins que je ne soit en état d'arrestation, bien entendu ..."

J'attends légèrement une réponse de la part de ces hommes. J'avoue que je préfère que toutes ambiguités soient levées. On ne sait jamais.
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La Volonté de Kaen
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Ven 23 Oct - 10:55

Galu ne se retourne pas quand tu lui adresses la parole, à se demander s'il t'a même entendu. Peut-être est-ce une question de protocole et de courtoisie qui lui impose de ne pas considérer ceux qui ne suivent pas l'étiquette élémentaire d'une discussion supposément à double-sens. A moins que ce ne soit le fait que la demande est en elle-même déplacée suite à sa proposition de toute à l'heure. Et au fond, ce sera donc ça le test ultime de ta foi, qui n'a finalement guère était mise à mal puisque les actes qu'elle t'a poussé à faire ne t'ont finalement rien couté. Or, en ce cas, il s'agirait de comprendre qu'un Grand Prêtre ayant joué de faveur au profit d'un autre peuple, ni confédéré ni converti de surcroît, est tout à fait incompatible avec la fonction du Gardien du Dogme. Ainsi, il s'agit de voir quel est le véritable visage de ta ferveur puisqu'il te faut choisir entre ta foi et tes intérêts personnels.


Les mourrant et les blessés que l'on transporte autour de toi complète le chaos de ce champ de bataille où tu dois parfois éviter des amas de cadavres ou des membres arrachés. Le carnage est sur les visages maculés de sang de tes comparses. Sergueï a vu ses lunettes sombres voler en éclat lors de la bataille pour lui entailler le front. Il te répond en s'essuyant d'un revers de manche qui ne fait qu'étaler plus d'hémoglobine sur ses tempes.


"Je vois mal comment une arrestation renderait cette journée moins éprouvante, mais si tu veux savoir si je compte te coffrer... Disons qu'avec l'espèce d'anarchie qu'on se tape... je sais plus trop quoi foutre de toi."


Il s'asseoit sur une carlingue de vaisseau brunie qui a dû exploser lors d'un atterissage d'urgence.


Les Linoriens, ou plutôt le trio qu'il en reste, ont un grand soulagement lorsqu'ils te voient. Tu es la seule chose qui ne leur est pas étrangère ici. Ils accourent du mieux que leurs muscles endoloris le peuvent pour te serrer dans les bras et vérifier que tu vas bien. El'Ca a du sang coulant d'une oreille et semble désorienté. Il se retourne vers le lieu où était juché, il y a quelques minutes, la salle des Mille-Mondes. Il demande, comme pour vérifier que vous êtes bien hors de danger.


"Morte ?"
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Sam 24 Oct - 1:27

L'absence de réponse de Galu ne me perturbe en rien. Ma remarque n'attendait pas de réponse. C'était à peine une menace, une note, un mémo que j'espère faire son chemin chez le Disciple. Pour beaucoup, on m'offrait l'honneur d'être un Grand Prêtre, de protéger le Culte et le peuple Centiliens. Un don précieux et qui n'avait aucun prix. Mais de mon coté, ce cadeau avait aussi l'effet d'une étrange collier que l'on souhaitait me passer autour du cou. Au final, ce n'était qu'une autre guerre dans laquelle on me lance et d'autre sacrifices qui s'annoncent ... une autre manière de m'envoyer au front.


Toutefois, si cela pouvait mener à du bon pour les Centiliens et le Multivers, j'étais prêt à relever le défi. Mais, en mon âme, je crains pour que Galu ne voit l'équilibre du Multivers uniquement dans les Centiliens. Donner à d'autre peuple la possibilité de voyager aux travers des Incarnats, c'était peut être un moyen pour Centile de devoir trouver d'autre manière de s'étendre, de voir les autres peuples. La probabilité était faible, mais cependant palpable, qu'un potentiel rival, ennemi ou même Némésis de naitre du Multivers et d'offrir enfin aux Centiliens de vrai raison de combattre. D'avoir peur pour soi et pour l'avenir de civilisation. Qu'une fois dans l'histoire, les Centiliens et les peuples qui les soutiennent sentent le besoin de s'unir, comme l'avaient fait les Linoriens, les Niroyens et les Centilien, le temps de cette bataille ... Car qu'est ce que la foi, si ce n'est l'union entre les peuples pour un idéal, une conviction, une Déesse ? Je prie pour qu'un jour, nous puissions en parler, Galu et moi. Qui sait, peut être écoutera-t-il un Grand Prêtre ? Peut il seulement écouter quelqu'un qui lui est "inférieur" ?


Toutefois, ces questions n'auront probablement jamais de réponse. La foi c'est avoir foi en la décision des autres à leur morale. Et ces autres semblent particulièrement désemparé en ce qui concerne la moral. Je vois les frères du HCC en piteux état, pas uniquement leur blessures. mais le fait est qu'ils ne semblent plus avoir de chef non plus. Sans commandement, une armée devient confuse. Je souris presque face à l'anarchie avec lequel ils doivent dealer depuis quelques jours, voir quelques semaines. Autant dire que l'environnement n'est guère le plus adéquat pour se recentrer. La présence des Linoriens en est presque une bénédiction. Leur joie d'être encore en vie qu'ils me communique me pousse presque à les prendre dans mes bras ... avant que je ne me rappelle que, mis à part la bannière que j'ai sur le dos, je suis à poils. La voix stoïque de El'Ca, cependant me rappelle le lourd tribut de cette bataille. Je lui réponds en secouant la tête...

"Non ... elle n'a pas eu cette chance ... Son corps est détruit, son esprit est emprisonné"

Je regarde Staft au loin avant de dire.

"Trop Puissants pour être laissé libre, trop dangereux pour mourir. Tel est le destin d'un Disciple, tel est Centile..."

Mourir ... je prends conscience un peu plus du tribut que je viens de payer. La liste des personnes mortes pour cette guerre est longue. Et au milieu de celle ci, mon esprit n'oublie pas que d'un village Niroyens, il ne reste qu'une poignée, dont El'Ca. Mon esprit n'oublie pas que d'un équipage d'une trentaine de mes amis, il ne reste plus que 3 hommes et femmes chanceux. Mon esprit n'oublie pas l'amour que j'ai pour Mathilde que j'ai incendié pour cette bataille. Et mon esprit n'oublie pas Beyel ... Un Centilien dont les convictions étaient plus fortes que la société... Mon esprit n'oublie pas tout ces gens dont le sang est répandu partout.

"Mais le chaos peut être parfois une bénédiction... Un retour à zéro ..." dis je alors que mon visage devient bien plus sérieux subitement.

Je regarde autour de moi avant de m'adresser à tout le monde réuni.

"Je sais que nous voudrions tous pouvoir aller nous reposer ... moi le premier. Mais le fait est qu'aujourd'hui, est une journée qui risque de marqué d'une pierre blanche l'histoire Centilienne. Le chaos qui a fait rage cette journée est un feu qui pourrait s'étendre dans tout Centile s'il n'est pas circonscrit tout de suite



Plus que jamais, les Centiliens ont besoin de savoir que tout les Frères du Cultes sont là pour eux. Si vous le pouvez, tentez de contacter tout les prêtres disponibles, voyez s'ils peuvent aider à transporter les blessés ou aider à sortir les gens des décombres, voir même transporter du matériel rapidement"

Je m'adresse alors aux Moines de Kushu avant de leur demander

"Maitre, je sais que le Monastère a pour règle de s'écarter du monde, mais j'espère que, pour sauver des vies, vous pourriez nous aider"

Enfin je regarde les Linoriens et El'Ca.

"Ils pourraient avoir besoin de bras et voir de personnes doués dans le domaine technique"

Je termine en les regardant tous.


"Je comprends bien sûr si vous êtes trop épuisé pour continuez. Soignez vos blessures avant tout ..."

Soignez les blessures ... j'espérais aussi soigner les blessures de Centile. Voir des prêtres au milieu du charnier pour aider, cela ne pouvait que faire du bien. Pour ma part, le combat avec Jialle m'avait forcé à me transformé. A sublimer ma puissance. Je sens encore mon corps Enchanté vibrer. Ma vision psychique me permettra de trouver ceux qui n'ont pas encore été repéré par les secours. Toute vie sauvé sera un espoir de plus pour le futur
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Sam 24 Oct - 18:51

Assis sur sa carlingue, Sergueï pouffe à moitié, sans joie, empruntant une cigarette à l'un de ses camarades.


"Tiens donc... voyez-le qui donne déjà des ordres.


Le Grand Sage s'occupe de tout, Orlov. Si tu veux vraiment aider, aide. T'occupes pas de ce que font les autres."


[On peut mettre une ellipse là si tu veux. Ou tu décides entre Grand Prêtre ou l'histoire des Linoriens.

On arrive sur les tous derniers posts donc faut me le dire vite si tu veux jouer d'autres scènes]
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Sam 24 Oct - 20:57

Je vois le manque d'implication de Sergueï. Mon discours pouvait être pris pour des ordres, j'en conviens. Mais cet inspecteur manquait définitivement le point de ma déclaration. Je le regarde presque avec pitié alors que seul la fatigue ne l'ai empêché de pouffer de rire face à mes mots. Déesse, vous m'avez dit d'aimer Centile et parfois il s'avère que c'est la tache la plus difficile... La colère ne guide pas mes paroles ou mes pas. Celle ci s'est envolé il y a quelques minutes, lorsqu'enfin l'équilibre a été restauré. Non, mes mots ne sont pas issu de la colère, ils sont issu de mon coeur.

"Donner des ordres ? Peut être ... j'espérai cependant lever un peu d'altruisme auprès de vous. Mais définitivement, je devrais abandonner de tenter d'inspirer quoique ce soit à mon prochain. Cela ne marche guère apparemment"

Mes pieds nus se décollent du sol alors que je me déplace, pour éviter de marcher sur des débris et de me blesser les pieds. Je regarde dans la direction des hommes du Sage avant de finir, pour les personnes présentes.

"Nous avons bien trop oublié que pouvoir compter les uns sur les autres ne signifie pas reposer sur eux. Même quand ceux ci sont des Disciples ou des hommes qui ont aussi vécu une bataille, comme nous. L'ironie, mes Frères, c'est que tout cela a commencé parce que les Centiliens ne s'occupent que d'eux même ..."


Au final, c'est la solitude qui portent les Centiliens, parce que le monde est injuste avec eux, ils doivent être injuste avec les autres. Toute ces souffrances auraient pu être évité si Qeglin avait vraiment enquêté sur les Banthèques, si Gabriel n'avait pas fait explosé les puits, si Kadare n'avaient pas libéré les démons, si Jialle avait pensé à autre chose que la Vengeance, si j'avais pensé au village Niroyens, si le Culte avait vraiment été inquiet pour le peuple qu'il guide, ... J'espère que cela a gravé des leçons en mon âme. En tout cas, tant qu'il restera des âmes à sauver sur ce champs de ruine, je ne le quitterai pas. Je lance un regard aux Linoriens et à El'Ca avant de leur dire avec le sourire.

"Je vous prie de m'excuser de vous abandonner ainsi, les amis ... rejoignez un poste de secours, le temps que je finisses ce que j'ai commencé, je vous renverrai chez vous tout de suite après, si vous le souhaitez" Je ne les oublie pas


J'attends la réaction des uns et des autres, pour savoir qui a besoin d'un "taxi" vers les postes de ralliement pour aller me joindre aux secours et donner un coup de main. Mes pouvoirs devraient pouvoir les aider je pense. L'ubiquité, les portails et les enchantements devraient pouvoir aider un sacré paquet.

[Même si, personnellement, j'arrive totalement à voir des moyens de concilier les deux. Mon personnage se portera d'avantage sur le coté "Grand Prêtre" avec une chiée de réforme qu'il tentera de faire passer. Et ce même si les membres du HCC et les autre prêtres et moines semblent moyennement chaud à l'altruisme. Si tu le permets, l'ellipse comportera, de mon cotés, à quelques menus éléments que mon personnage souhaiterai faire bien entendu tant qu'il est encore, libre.

En ce qui concerne les scène qui m'intéresserait, il y en aurait deux : une avec El'Ca, seul et une avec Bénédicte si c'est possible]
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Sam 24 Oct - 21:49

Lorsque tu regardes autour de toi, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] vraiment. Pour tout dire, c'est le plus grand des bordels. Les soldats sont pour beaucoup encore affairés à sécuriser des zones où quelques poches de résistance isolée se trouvent. On commence donc à tracer des grosses lignes entre les zones où le feu a cessé et celles qui sont encore dangereuses. Néanmoins certains combattants commencent à traiter les blessés en les ramenant vers les véhicules de transport pour les plus valides ou en essayant de contacter des véhicules pour qu'ils viennent chercher ceux qui ont trop souffert.


Par dessus le marché, un gros problème se pose du statut des blessés. Les mercenaires sont complétement désorientés suite à la disparition de l'emprise psychique et ne comprennent pas pourquoi on ne les aide pas, ni pourquoi on ne laisse pas les cellules de soin des armadas de Qeglin, de McPherson ou de Trey s'occuper d'eux au moins. D'autant plus que certains combattants de Galu sont des cyborgs ou des machines et qu'ils trouvent dégueulasse qu'on fasse passer de la ferraille avant de la chaire.


L'éthique et les beaux discours explosent sur la passage du train de la réalité du terrain. On t'appelle, on t'agrippe. On te dit de patienter. Les cellules de soin se mettent en place mais sitôt que l'une apparaît, elle est surchargée. Les véhicules sont tous pris même si tu parviens à en interpeler plusieurs pour leur indiquer des positions. Ta télékinésie sert très vite à libérer des soldats coincés sous des chars. Il te faut parfois tenir un sort pendant plusieurs minutes afin qu'un médecin puisse amputer sur place un blessé. Très vite, on se rend compte de l'immense utilité de tes talents et la radio que l'on t'a prêté est submergée d'appels.


Ton ubiquité et tes dons te permettent de contribuer comme plusieurs dizaines d'homme à l'effort de guerre. Et pourtant, souvent, il te faut dire non car tu es déjà partout à la fois. Tu vois des gueule-cassés. Des femmes, des hommes, des civils parfois qui n'ont pas été chanceux. Des cyborgs que l'on achève et qui ont des dernières pensées pour des êtres chers. Qui extraient des petits disques de leur corps contenant leurs derniers mots à adresser à quelqu'un. Des I.A. si humaines que tu ne cherches plus à te poser la question de leur traitement en priorité. Tu traites. C'est tout.


Ta magie s'épuise, mais, encore plus, ton esprit en prend un coup. A moins que ce ne soit le rebond du voyage psychique dans le dôme, mais en tout cas il est difficile de tenir. Tu as besoin d'un moment. Ta radio crépite continuement. Tu dois être partout, mais ta magie s'est vidée, tu as besoin de temps et tu imagines le nombre de personnes que tu ne pourras pas sauver.


Tu vois un homme haut de deux mètres, un ours comme on en fait sur Dénéo 6, qui voit ses jambes se dérober sur lui après qu'un énième cadavre ait été déterré des décombres. Il lutte. Reconnait un visage. Ses yeux s'embuent, des larmes coulent sur son visage glacé, puis il s'effondre totalement. Regardant le ciel, puis ce cimetière à ciel ouvert. Quelqu'un vient le relever, mais n'y parvient pas.


Et toi. Toi, tu voudrais l'aider. Mais là, tout de suite. C'est toi qui a besoin d'aide. Tu ne te rends compte que maintenant mais tes joues sont humides aussi. Une femme vient te voir, elle te regarde, inquiète.


"Ça va ? Est-ce que ça va ? Ça va aller. Ok ? Ça va aller.


Souffle. Tu veux de l'eau ?"


Oui tu es déshydraté. Ta radio crépite. Tu n'arrives plus à tenir l'ubiquité. Tu ne pourrais plus faire voler une plume. On ouvre des tentes partout. On emmène des prisonniers. On maltraite des anciens ennemis parce qu'ils ont abattu des gens que d'autres connaissaient. Le ressenti est partout. On espère, puis on découvre le cadavre d'un ami. Tu aimerais que ton écoute des psychés elle aussi puisse s'épuiser. La peine, la déception. Tu vis toutes ces pertes comme pour toi-même et tu sens que si tu continues tu vas perdre l'esprit.


"Hey ! Ça va aller. Ok." 


On essuie tes joues.


"Ça va aller t'inquiètes pas. Assieds-toi. Bois. Ça va aller. T'en as déjà beaucoup trop fait. Assieds-toi. Bois. Ça va aller."


Et oui. C'est en faisant que l'on inspire des gens. On s'organise pour prendre ton relais. C'est en faisant que l'on inspire. On s'organisera plus tard. Oui, les moines de Kushu t'ont suivi. Oui le HCC a mis la main à la patte. Mais faut dire ce qui est : chacun en prend plein la gueule. Tout le monde en a pris plein la gueule. 


Alors les esprits tiennent comme ils peuvent. Mais quand on te demande ce que l'on doit faire des corps des Linoriens. Tu sais que la norme serait de les mettre avec les autres. Mais l'autre norme c'est quoi ? Un traitement de faveur, c'est prendre le temps de cinq personnes en plus. C'est les empêcher de bosser pour sauver d'autres. Et ta radio crépite. Et y a trop de trucs à penser en même temps.


"Bois."


Et tu voudrais qu'on prenne des décisions pour toi, parce que putain c'est pas simple. Parce que putain on aurait p't'être pu éviter ça. Parce que tu te dis que t'as été trop con à trop parler et à trop penser. Qu'une seconde putain c'est énorme pour souffler ou faire la différence entre un amputé et un cadavre. Parce que putain tu peux pas tout faire et tu peux pas être partout. Et parce qu'avec tous les pouvoirs du monde, faut quand même se coordonner et qu'on peut pas tout faire.


On peut pas tout faire, putain. Tu peux pas tout faire.
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Dim 25 Oct - 1:38

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Je n'arrive plus à bouger...


J'ai tenté ce que j'ai pu. J'ai tenté de les aider ... mais ils sont tellement nombreux. Ma radio en main, je tentais parcourais les cieux à toute vitesse pour tenter de sauver quelques vies. Une secondes c'était plusieurs litres de sang qui coulaient sur le sol de Nephta. Je ne dois pas abandonner, je dois faire ce que je peux. J'ai tenté de me diviser pour ratisser plus large ... Sous mes sept entités, ma perception des psychés s'étendent sur près de 2 km...


Je les sens toutes, alors que je tente de sortir un hommes des décombres ou bien de calmer des hommes en train de maltraiter des prisonniers. Je sens tout ces esprits, ils appellent à l'aide, ils prient, ils pleurent, ils ragent, ils haïssent. Je me souviens des couleurs des combats, je me souviens de la violence et de la haine. Les psychés brulaient dans une guerre indéfinissable. Maintenant que les combats étaient terminés, ou presque, j'observais un immense champs de chandelles. Certaines brulaient comme jamais alors que d'autres étaient en train de faiblir comme soufflé par le souffle de la mort.


Je me bats pour chaque Chandelle, je dois choisir. C'est d'ailleurs cela le plus difficile. Malgré mes talents et mes enchantements, je ne peux me diviser à l'infini. Je ne peux être partout. Je tente de focaliser mes actions sur le plus proche. Je tente d'aider. Mais à chaque fois, une nouvelle psyché appelle à l'aide ... un travail sans fin. Une épreuve impossible que même Galu semble avoir déléguée. Rien n'est organisé ... non, il ne veut pas organiser quoique ce soit. "Il n'organise que ce qui l'arrange" pensai je soudain.


La colère que je pensais évanouie se réveille alors que qu'un homme meurt alors que je le transporte. Je ne sais pas combien de temps cela me prend. Je n'ai pas le temps de regarder de montre. Tout ce qui rythme mes actions sont les crépitements d'une radio. Ce sont les espoirs de Centiliens espérant voir arriver des secours. Ils sont si nombreux, ils sont si nombreux ...


Je ne peux plus bouger ... j'ai épuisé ma magie. La dernière étincelle est partie en envoyant des soldats à l'hopital centrale de Nephta. J'ai pu envoyé 5 vies ... j'espère qu'elles pourront être sauvée. J'entends encore les plaintes de ceux qui attendent des secours ...


Je n'arrive plus à bouger ...


L'espace d'un instant, je tente sentir la magie qui me parcours le corps en permanence par les enchantements ... non ce n'est pas le manque d'énergie... Mon corps n'est plus une barrière depuis longtemps pour la magie ... mais je n'arrive plus à la canaliser... Je n'arrive plus à la dompter ... je ... je suis fatigué ... je ne sais plus où donner de la tête ... Je suis inutile ... Les larmes coulent alors que mes nerfs lachent...


Faites les taire ... faites taire leur esprits... J'en viens presque à penser que je souhaiterai les sentir mourir ... que leur flammes s'éteignent et qu'il me laisse en paix, un instant ... juste un instant.


Voix féminine a écrit:
"Ça va ? Est-ce que ça va ? Ça va aller. Ok ? Ça va aller"


Je ne sais pas qui est cette femme ... elle tente de m'aider ... moi ... Je prends un peu d'eau qu'elle me tend. Elle me dit que ca va aller ... mais je les entends tous ... bon sang ... ca ne va pas du tout...


On me conduit dans une tente. On doit penser que c'est la vue du sang qui me met dans cet état. Pourtant ne pas le voir me rend la douleur plus palpable. Je croise ceux que j'ai laissé derrière moi. Tout le monde m'a suivi ? Je ... je ne les avais pas senti. Mon coeur sent un poids s'alléger légèrement. Retirer une plume d'un fardeau, le rendra toujours plus supportable. Je bois l'eau doucement alors que je n'en peux plus. Il me faut de l'air. Je regarde autour de moi, on court on se rassemble, on ne sait pas quoi faire.



Ryse passe devant moi, elle est couverte du sang d'un homme auquel elle tient la main. Je souffle alors qu'elle le voit partir dans une tente. Je la regarde alors qu'elle tient à sa ceinture, les lunettes de Sextan. Elle a trouvé le corps de son capitaine, Malderone, de Philis et de Maelle. Ils n'avaient pas bougé de leur lieu d'exécution. Elle me demande ce qui va arriver à leur corps ... à eux et à la vingtaine d'autre. Mon regard se perd alors que la question me replonge dans le deuil ... mais un deuil qui me coupe de l'horreur qui m'entoure l'espace d'un instant. S'occuper des morts ? Alors que tant de vivant sont encore là, implorant.

"Je ... je sais pas ... Ryse... Je sais pas combien de temps ca prendra pour dégager tout le monde ... et ..."

Je me passe la main sur la tête, privée de chevelure par le feu de la Déviante. Les Linoriens, en particulier les pirates, n'ont que rarement le droit à des enterrements. Leur tombeaux est la carlingue de leur appareil. Mais on honore les morts ... Quand on peut les retrouver on le fait ... Autant de mort, on ne pourra faire d'enterrement pour autant de monde.

"... Si tu vois le Pandora, prend un boulon pour chacun de nos morts ... nous ne pourrons surement pas leur offrir plus malheureusement ... Je ... je suis désolé, Ryse"

Honorer les morts avec une chose qui leur a appartenu ... La seule chose qui les liait tous, c'était le Pandora. J'espérais que nous pourrons trouver de quoi leur offrir un peu de dignité dans la mort alors qu'ils seront soit laissé sur le champs de bataille, soit brulé sur les buchers funèbres. Je suis désolé mes frères, mes amis. J'aurais voulu vous offrir plus ... mais je sens encore tant de personnes dans le besoin. Je ne peux plus rien faire ... mes pouvoirs sont épuisés ... la seule chose que je peux essayer d'aider comme je le peux.

J'essaie de trouver un officier, j'essaie de trouver une chaine de commandement. Si je n'en trouve pas, j'essaie d'en organiser une. Sans chercher à la commander, je tente juste de la faire réapparaitre au delà de la chape de tristesse qui enserre les coeur et les esprits. Si je ne peux plus rien faire, si je ne peux vraiment plus aider, j'userai de mon ultime recours ... la prière. La prière est le lien entre le coeur des Centiliens, j'espère qu'elle redonnera un peu de force à ceux qui sentent leur foi défaillir. J'espère qu'elle redonnera de l'espoir à ceux dont l'esprit vacille. J'espère qu'elle redonnera la compassion à ceux qui ont tellement perdu ... comme à chaque fois, la prière est l'ultime rempart qui peut apaiser les blessures que les médecins ne peuvent soigner.

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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Lun 26 Oct - 19:48

Ryse prend tes consignes et rassemble quelques hommes supplémentaires pour l'aider.


Le temps passe à la fois lentement et trop vite à cause des consignes qui sortent de partout. Bientôt, un terrible mot d'ordre vous parvient : il faut évacuer. Partir avec les blessés, laissez les autres et les cadavres que l'on n'a pas pu encore emporter. Le mot vient d'en haut. Quand, comme toi, on s'interroge sur ce commandement ahurissant, on t'explique que les médias n'ont pu être éloignés qu'un certain temps. Ils seront bientôt sur place, or, ce que l'histoire doit retenir... est que les légions de la Déesse ont vaincu. Il faut donc simuler la défaite en évacuant tout ce qui a pu être évacué.


Les armées des Seigneurs de Guerre, sous votre contrôle indirect, s'occuperont des blessés et des cadavres tandis que vos vaisseaux "fuiront". C'est la raison pour laquelle leurs unités de soin n'ont pas pu intervenir jusqu'ici. Tu assistes à plusieurs scènes d'adieux difficile à soutenir du regard. Des hommes sous des décombres qui tendent des bras, implorant qu'on les aide, mais que leurs camarades doivent laisser, même si ils sont le plus souvent arrachés de force par leurs supérieurs. L'abnégation militaire et l'obéissance aux ordres est une fois de plus d'une utilité majeure. Préserver les apparences jusqu'au bout, c'est faire en sorte que cette victoire n'ait pas été remportée en vain.


Le monde n'a pas le droit de savoir ce qui s'est passé ici. Il en va de sa survie. De sa stabilité.


Tu repars donc avec les autres dans une parodie de sauve-qui-peut rageante mais au combien nécessaire.




-----------




"Oui, vous semblez être le candidat parfait, Frère. Mais il y a point qu'il nous faut impérativement clarifier."


Le conclave dure depuis maintenant près de deux heures. La sainte salle réservée à cet effet et qui n'a ouvert ses portes que quatre fois en un siècle sent encore le renfermé et l'encens. L'odeur propre aux lieux de culte.


"Oui pour le dire clairement, nous avons eu des Grands Prêtres idiots, incultes, bornés parfois, feignasses souvent. Heureusement vous semblez différer en cela. Des Grands Prêtres jeunes, rarement, mais ça s'est vu. Ça, on pourrait presque, je dis bien presque, vous le reprocher. Ajouter à cela le fait que vous n'ayez jamais occupé un haut poste, pour dire le moins...


- Oui, enfin, mais comme nous venons d'en discuter euh..." coupe le Révérend Paezo du Sanctuaire de Manhe, récemment nommé suite à l'éviction de son prédecesseur par Kaen elle-même, "après euh... avoir entendu, hein, votre parcours. Votre manque de connaissance intime du fonctionnement de l'institution est euh... disons... bon... compensé par une connaissance du terrain. Qui a... qui a... qui a ses mérites."


Il y a des pincements de lèvres la part du Révérend Wascoski du Sanctuaire de Dénéo 6, lui aussi nouvellement arrivé pour des raisons similaires à son confrère.



"Mais bon, disons, que nous ne pouvons ignorer un point qui... et là je préfère être clair avec vous, l'information vient d'en haut. En haut, en haut, hein. Et bon, voilà je ne veux pas que vous le preniez... enfin que vous l'entendiez mal ni avoir l'air de minimiser ou d'entâcher votre contribution contre la Rebellion des Gardiens. Mais enfin..."


"Ce qu'essaie de dire mon collègue en bavant sur sa robe,"  reprends le Révérend Doriq de Nephta, qui est lui en place depuis presque deux décennies, "c'est qu'on a jamais vu de Grand Prêtre trahir le Culte.



Livrer le secret du voyage entre les mondes à des impies, tout ça..." 


La fameuse Révérende Delwin du Xi'or, héroïne de la guerre de Ghelion - des faits d'armes qui lui ont valu son poste - précise à ton intention en réajustant sa longue chevelure blanche et lisse.



"Comprenez bien, Frère. Il est interdit à des Centiliens non-affiliés au Culte de pratiquer la magie et encore moins ne serait-ce que d'apprendre la technique des portails. Une loi, elle-même édictée pendant l'Ere I, juste avant la Grande Purge, donc approuvée par Kaen. Comprenez que soutenir un tel objectif est à la foi illégal et un sacrilège au plus haut degré."


"A vrai dire..." poursuit le Révérend Mu de Hyt, spécialement descendu de sa cité spatiale pour l'occasion. Un prêtre partiellement cyborg dont les mains métalliques ne peuvent que tu faire penser à Gueule-De-Fer. "Le simple fait que vous ayez envisagé cela devrait d'un point de vue légal et éthique nous faire automatiquement rejeter votre nomination s'il n'était pas directement soutenu par..."


"Le Vieux," achève Doriq non sans arracher une mimique d'horreur à Paezo et à Wascoski et un sourire difficilement contenu à la Révérende Delwin. Lui te regarder avec l'air pince-sans-rire qu'on lui connaît bien.
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mar 27 Oct - 0:37

Quittant le champs de bataille, je comprends bien trop le devoir de fuite. Moi même, je l'avais déjà envisagé. Notre bataille qu'elle soit gagnée ou pas devait mener à cette conclusion : Kaen a gagné et Centile a survécu ... mais a-t-elle vraiment survécu ? J'avoue qu'en entendant les suppliques de ceux que nous quittons, et leur psyché tombant dans le désespoir, j'ai un vertige et une personne est obligé de m'aider à déplacer. Les larmes coulent alors que ma psyché est à bout, mais mon regard reste déterminé. Les derniers mots que j'avais dit à un soldat qui était à deux doigts d'abandonner le combat contre la mort me revenaient.

"N'abandonne pas soldat. Marmin nous dit : "Si tu ne peux pas voler, cours. Si tu ne peux pas courir, marche. Si tu ne peux pas marcher, rampe. Quoiqu'il arrive, ne cesser jamais de bouger""

J'ai tenu sa main pendant plusieurs minutes avant que le sang ne l'empêche de respirer. J'ai senti sa main perdre en force. J'ai senti son âme disparaitre ... mais il n'avait pas abandonné. Il avait combattu jusqu'à la fin. C'était une mort de guerrier. Mes mots me revenaient en tête. Je devais continuer d'avancer...


Malgré la tristesse, la douleur, la frustration, la terreur, je devais accuser le coup pour miser sur l'avenir. Le plus étrange est que notre "défaite" me laisse un gout moins amère dans la bouche que notre "victoire" contre Jialle. Ainsi va la vie sur Centile, on en prend plein la gueule et on avance ... on doit toujours avancer ...




******




Avancer ... j'avoue que les jours qui ont suivi m'ont plus ramené vers le passé que véritablement dans l'avenir. Mais j'avoue que cela ne m'a pas fait que du bien. Escorté par les membres du HCC, j'avais eu le droit de passer une nuit dans l'une des cellules du Monastère de Kushu, une cellule de prière ... Je n'en avais pas vu depuis près de 3 ans. On m'avait donné des vêtements pour couvrir mon corps dévêtu par Staft et mutilé par la Déviante. Perdu dans le bois et l'encens j'avais eu la chance de pouvoir me retrouver seul. J'avais pu prier pour mes amis tombé ... leur enterrement aura lieu dans peu de temps, mais je souhaitais prier pour leur âmes. Je devais transformer leur perte douloureuse en force. Le jour du concile approchait et je devais être prêt. On m'avait envoyé une tenue de prêtre. Noire et verte, celle de mon rang jadis, Primus. Je m'imagine dans cette tenue, au milieu de tout les Révérends avec leur bures bleues et ors. J'allais vraiment faire tache. J'avoue que cela me faisait sourire ... Cette tenue, celle qui caractérisait mon passé allait peut être devenir le symbole de l'avancement ...




*****




Les heures de débats sont délicates. Je tente d'y participer et n'omet aucun détail à ma candidature. Toutefois, je vois surtout les Révérends se renvoyer la balle. Tantot de manière diplomate, tantot de manière plus agressive. J'aurais tant aimé pouvoir être révérend pour pouvoir être capable d'absorber cette atmosphère de jugement mais aussi de questionnement. J'ai l'impression d'être au milieu d'un champs de mine sur lequel seul mes mots comptent. Me rappelant le peu de talent que je dispose en cette matière, je tente de faire confiance à la seule chose qui me reste : mon instinct. Je tente d'absorber toutes les informations qu'ils me disent afin de pouvoir répondre au mieux à leur crainte. Et cette crainte est bien celle d'avoir un criminel pour la loi et la foi à leur tête. Je prends quelques secondes pour répondre à leur demande, je respire, non pas pour contenir de la colère, mais plutot le trac.

"Les informations sur mes crimes ne sont nullement fausse, Révérends. Je ne ferai jamais l'affront de vous les cacher. Je suis conscient de votre inconfort et de vos craintes à mon égard. Il y a quelques semaines, vous m'auriez demandé de m'imaginer quelque part, je n'aurais jamais envisagé d'avoir l'honneur de me présenter face à vous.


A cette époque, j'étais seul, le Culte m'avait renié et j'avais fini par le renier moi de même. Mais je n'avais jamais abandonné Kaen et sa mission sacrée : Protégé le Multivers et Centile"

Mon regard se baisse un instant, presque nostalgique alors que je m'apprête à reprendre.

"Il y a quelques semaines, Centile était encore le monolithe inaltérable. Il y a quelques semaines, je n'étais qu'un criminel, résolu à vivre ma vie dans l'ombre. Agissant où je le peux, combattant pour mes convictions sans espoir d'une quelconque rédemption. Une rédemption que seul la Déesse aurait pu m'accorder dans sa miséricorde"

Ce qu'elle a fait, mais je n'ai nullement le droit d'en parler. Je le sais.

"Et quand bien même, j'étais dans les coins les plus reculé, j'ai découvert la lumière de la foi tenter de briller là où les prêtres du Culte ne peuvent accédé car trop affilié à la Loi. Là bas, j'y ai même découvert un Evangeliste portant le sceptre un Prêtre tombé. Il avait été à son chevet à sa mort et avait reçu le symbole sacré de sa propre main. Cet homme qui aurait du être envoyé au camps de Xi'Or avec les autres criminels, était aussi pieux que vous et moi. Il avait dévoué sa vie à aider les plus faible. Et quand il a su qu'aider le blessé que je lui apportais lui attirerait les foudre de Centile, il n'a pas pour autant refusé de nous porter secours, malgré le spectre que le Culte impose sur tout ceux qui utilisent la magie"

Beyel ... j'espère que ton exemple pourra convaincre ces honorables Révérends...

"L'espace d'un instant, après qu'il m'ait aidé, j'aurais du le tuer ? Le dénoncer aux autorités ? Sous quel prétexte ? Parce que malgré tout le bien qu'il faisait autour de lui, il faisait offense à une loi qui date d'une époque révolue ? Une époque où Centile s'étendait dans le Multivers de manière chaotique et où les Centiliens ne pensaient qu'à devenir le Dieu de leur Incarnats. Une époque où la Confédération n'existait pas. Une époque où le Culte ne comptaient que quelques centaines de membres. Une époque où la technologie la plus avancée ne dépasserait pas la 3eme Couronne"

Je prends une petite seconde pour discipliner mon coeur. Je dois garder le controle de moi même et de mon esprit afin d'être compris par mes pairs et de peut être les inspirer.

"Aujourd'hui, Centile veille sur des milliers d'Incarnats et continue de s'étendre. Pourtant les prêtres ne sont que quelques milliers.

Aujourd'hui, la technologie est si pointue qu'elle passerait pour de la magie dans 80% des mondes qu'elle controle. Pourtant nous affligeons sans distinction ceux qui utilisent Le Don, qu'ils soient bon ou mauvais.
Aujourd'hui, on pille des peuples qui ne sont pas Centiliens pour grandir l'Empire. Pourtant c'est sous la bénédiction de prêtre que nous commettons des massacres sur les convertis et non convertis"

Je lève les mains, comme pour m'assurer que personne ne réagisse tout de suite.

"Je ne jette la pierre à personnes. Ce que j'essaie de dire c'est que notre société a évolué. Centile a évolué. Elle s'est donné, par notre intermédiaire, d'apporter la lumière aux peuples qu'elle défend alors que les porteurs de cette lumière ne sont pas assez nombreux pour illuminer Centile lui même. Pire, Centile a reçu un coup qu'elle n'avait jamais reçu depuis la Purge dont vous faisiez références, Révérende Delwin. Un désastre, un massacre qui a suivit le remaniement le plus drastique de la politique et des la structure de notre Culte. C'est peut être la meilleure occasion que le Culte peut avoir de remettre en question, non pas la foi qu'il défend, mais les lois qui le composent. Nous pourrions revoir les erreurs que nous avons commis par le passé et montrer au Centiliens que nous ne sommes pas des croque-mitaines, mais des guides. Que nous sommes une élite don le role serait d'élever leur frères et non pas des élitistes"

J'espère qu'ils ne le prendront pas pour eux. Toutefois, ces mots viennent de mon coeur. De mes souvenirs enfants, où la foi n'était que des Evangeliste et de Niroy. De la scission entre les Monastère et les Sanctuaires et entre la Religion et la société. Peut être suis je une Grand Prêtre inculte ... néanmoins, on ne peut pas empêcher mon espoir de continuer de battre.

"Ce que je crois, Révérends. C'est qu'il est peut être temps pour le Culte de changer. Au lieu d'opprimer ceux qui possèdent le don, peut être devrions nous leur apprendre à s'en servir, à s'élever grace à celui ci. Peut être devrions nous chercher la Foi là où nous la propageons, au sein même des populations dont nous nous targuons d'illuminer. J'espère que je ne suis pas le seul à penser cela. Je l'espère sincèrement, Révérend, qu'importe la personne à la source de ma nomination.



Si ce n'est pas le cas, je ne vous ennuierai plus. Je continuerai mon combat de fou, seul, et je retournerai dans l'ombre. Mais si vous partagez mon avis, si vous pensez que nous pourrions faire grandir Centile et le Culte, je crois que c'est maintenant ou jamais. Ce que je crois aussi c'est que de telles réformes, de telles prises de risques nécessitent aussi une personne pour les porter. Une personne qui les représente, qui le aurait développé en vivant lui même l'injustice et les contraintes de nos lois antiques


Vous avez raison dans le sens que, si vous me suivez, je ne serai pas un Grand Prêtre feignant. Je pense ne pas être un Grand Prêtre idiot, borné ou inculte. Je serais jeune, oui, mais au vue de ce que j'espère apporter à ce Culte, il n'y aura pas de meilleur candidat qu'un Grand Prêtre qui a apprit à briser les règles tout en respectant sa morale. Un Grand Prêtre qui a connu la douleur et la tristesse sans perdre sa foi en l'amour de Centile. Un Grand Prêtre qui ne vous a pas caché son passé pour vous séduire ou vous manipuler


Un Grand Prêtre qui vous demande, à vous tous, Révérends, de le soutenir dans l'espoir de combler le fossé que le temps a creusé entre la Justice et la Loi.


Lors de son dernier discours au Sénat, la Déesse avait dit : "Centile est devenu si grande que chacune de ses évolutions a des répercutions à l'autre bout du Multivers. Il faut préserver ses enfants du déséquilibre, et c'est une chose que je ne peux faire en demeurant ici". Elle a cru en nous, à notre propre capacité d'évolution pour protéger l'équilibre ... il est temps que nous lui montrions que nous sommes à la hauteur de la tache"

Mon discours se termine alors que la sueur perle sur mon visage parcheminé par les brulure. Mon coeur bat à tout rompre. En ai je trop dit ? Ai je été trop honnête ? Trop vindicatif ou trop révolutionnaire ? Ai je été décidé de faire trembler trop de mur ? Je n'en sais rien. Malgré la terreur qui m'étreint, j'avoue être rassuré en un sens. Même si mes paroles ne portent pas plus loin que ces murs, je les ai dit. Je les ai exprimé dans les plus hautes sphères du Culte. Mon trac est en train de s'envoler alors que l'euphorie d'avoir accompli un miracle que je ne pouvais imaginé il y a quelques jours. J'espère toutefois qu'ils verront dans mon discours plus une expression de mon courage que ma bétise ou de ma folie...
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mar 27 Oct - 23:23

Pas convaincu pour un sou, Doriq ironise.


"Je vais passer sur le fait que vous avez l'air de penser que le Culte fait les lois et non pas les 850 pélerins du Sénat Impérial pour poser une question con.




Pourquoi dans votre grande mansuétude, vous souhaitez faire cadeau du secret du voyage entre les incarnats à votre incarnat-lié, un monde non-confédéré, non converti, priant leurs propres dieux, et non pas, à tout hasard, à des incarnats confédérés ? Vous pouvez me rappeler la définition de conflit d'intérêt ?...




Nan mais tant qu'on y est, on partage avec tous les incarnats confédérés dont la plupart auront tôt fait de venir nous taper sur la gueule, et puis bah, on pousse jusqu'à tous les incarnats-lié de tous les prêtres. Et puis pour aller au bout de l'idée, on fait la même chose avec les incarnats-liés des nouveaux prêtres non centiliens, non convertis. Et du coup la moitié du Multivers va bouger librement. 




Comme ça quand les sécessionistes confédérés auront fini de nous mettre une branlée, on pourra se taper un incarnat inconnu, ultra-développé, qui lancera sa propre Purge..."


Levant les épaules en même temps que les yeux aux ciels, il conclue faussement rassuré.


"Nan vraiment, je vois pas comment ça pourrait tourner mal..."
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mer 28 Oct - 1:45

Je recois les premiers mots, ironiques, mais aussi accusateurs de la part du Révérend Doriq. De tous c'était celui qui semblait le plus à l'aise avec ce concile et j'entendais ses craintes et les comprenait. Toutefois, les "attaques" ou les intentions qu'il me prête ne sont pas entièrement injustifiée. J'ai cependant juré de ne rien leur caché, je dois assumer mes mots, ainsi que mes idées.

"Moi je le vois, Révérend Doriq. Je sais que cela pourrait mal tourner. Je sais aussi que cela pourrait être une chance, une opportunité pour les Centiliens de faire évoluer leur vision du Multivers"

Mon introduction faite, je continue :

"Le jour où j'ai découvert mon Incarnat-Lié, j'étais le premier à être surpris de découvrir aucune trace de mythologie Centilienne ou équivalente. Il n'existait qu'un triptyque de sociétés penchants chacun dans un sens d'idéologie ou de croyance. Je me suis alors dit que je devrais les convertir. Leur faire accepter les paroles de Kaen, par la force s'il le fallait, en prendre le controle, en devenir l'Empereur. Après tout, ne sont ils pas mes créations ?



Toutefois je n'ai pu m'y résoudre. Au début je croyais que c'était par peur de perturber l'équilibre de mon Incarnat et, par extension, du propre équilibre de mon âme. Mais, plus le temps passait, plus je comprenais qu'il y avait une autre raison derrière ce choix. Je les voyais évoluer, je les voyais se battre, s'aimer, de soutenir, de haïr. Si je devenais leur Dieu, si je dictais leur actes, j'oppresserai leur créativités, leur émotions, leur soif de vivre, leur combat"

Je fais une petite pause avant de reprendre, encore une fois pour m'assurer de garder le controle sur mes propres émotions et sur mes mots qui s'échappent de ma bouche comme une savonnette mouillée entre des doigts.

"Je ne vous raconte pas cela pour vous assurer que les Linoriens ou les Niroyens seront des alliés. Encore moins pour vous dire qu'ils ne seront jamais une menace. Parce que, au fond de moi, j'espère qu'ils le seront. Pourquoi ? Parce que j'ai vu ce que les Centiliens peuvent faire"

Ma main se tend vers le Révérend Doriq, moins pour l'accuser que pour le citer.

"Le Révérend Doriq, parle d'une Purge d'un Monde Ultra-Développé ? Un monde comme Dolérian par exemple ? J'ai été sur ce monde, j'ai vu les prodige de la technologie là bas. J'y ai vu ses déviances. Mais ce n'est pas ce qui m'a le plus marqué. Non, ce qui m'a le plus marqué, c'est le carnage qu'on engendré deux Gardiens se battant au milieu de l'une de leur cité. J'ai vu des Millions de vies concassées par un champs de bataille s'étendant comme jamais. Un champs de bataille dont ils n'étaient que des spectateurs.


Certes, c'étaient des Gardiens, certes Dolérians n'est pas un monde Confédéré. Et moi, plus que quiconque, je refuse de penser qu'au final, on a rien à craindre d'un monde aussi technologique. Mais ce que j'ai vu là bas, la bataille que j'ai vécu là bas, ainsi que celle que j'ai vu au dessus de Nephta. Cela me laisse à penser que le plus grand danger pour le Multivers, pour son équilibre, sont les Centiliens eux même"

Je remets mes mains sur mon pupitre, histoire de retrouver une position stable ou du moins qui me parait plus stable avant de reprendre.

"Alors, oui, j'ai demandé à ce qu'on donne la technologie des Portails aux Linoriens et aux Niroyens. Je l'ai demandé non pas parce qu'ils ont prié assez fort, ou parce qu'ils sont de mon coté, loin de là. Je leur ai donné parce que j'ai vu ses peuples se battre, parce que j'ai pu voir ce que recelait l'âme de certains de ces êtres. Des êtres qui ont accepté d'aller au combat dans les Cieux de Centile non pas parce qu'ils avaient été forcé ou encore entrainé pour cela. Parce qu'ils avaient le choix, parce qu'ils avaient senti dans leur coeur qu'ils devaient agir sans récompense à la clé"

J'ai un petit sourire presque nostalgique alors que des souvenirs me reviennent et que je n'enchaine sur un ton presque admiratif

"Croyez le ou pas, mais aucun d'entre eux n'a cherché une quelconque récompense. Ils sont allés dans un enfer de feu et de sang, combattre des Centiliens, pour rien ! C'est pour ca que j'ai souhaité ouvrir ces peuples à la complexité du Multivers. Parce qu'ils ne sont pas Centiliens, ils ne sont pas des pions, pas même pour moi. Ils ne sont pas des Dieux. Ils ne sont pas des conquérants ou des victimes.



Ils sont au début de leur évolution. Et chaque jour, je prierai pour qu'ils puissent grandir, aussi bien socialement que spirituellement. Qu'ils fassent leur erreur comme Kaen a souhaité que nous fassions nos erreurs. Qu'ils apprennent, qu'ils changent, qu'ils apprennent à changer les autres, en bien comme en mal. Qu'ils expérimentent, échouent, pleurent et meurent avant de sortir victorieux.



Qu'ils deviennent même une rivale à Centile. Qu'ils la fassent trembler, qui l'a remette en question. Que nous même nous nous remettons en questions, que nous même nous expérimentions, nous échouions, nous pleurions et mourrions avant de sortir victorieux à notre tour.

Vous vous demandiez s'il n'y aurait pas conflit d'intéret ? Il y en a bien un, Révérend. Je suis prêt à mettre en péril la vie de mon Incarnat-Lié et des habitants qu'ils composent pour mes convictions. Je suis prêt à sacrifier ce que mon âme a de plus cher dans l'espoir de voir Centile grandie. Si vous connaissez une personne prête à ce sacrifice en son âme et conscience, je l'inviterai à faire comme moi.



Et ces Confédérés Sécessionnistes que vous craignez aussi, pourquoi pensez vous qu'ils nous attaqueraient ? Peut être que c'est à cause des centaines d'années d'esclavage que nous faisons subir à leur peuple parce que les Centiliens se considèrent comme des êtres supérieures. Vous seriez à leur place, Révérends, ne voudriez vous pas faire Sécession ?"

Je lève ma ma main et la serre comme si j'attrapais quelque chose.

"Centile est une main qui enserre le Sable du Multivers. Une main qui tente de maintenir tout ce qu'elle contient en la serrant de plus en plus fort. Mais plus elle la serre, et plus le sable s'échappera et créera d'autre batailles comme celle de Nephta"

Je mets alors ma main à plat, comme pour matérialiser ma métaphore et faire apparaitre, dans leur imagination, le même tas de sable dans le creux de ma main.

"Personnellement, je rêve d'une Centile qui n'enserre plus le Multivers, mais qui le soutient, qui le porte sur ses épaules. Qui lui montre l'exemple, comme la Déesse l'a fait pour nous. Assurer l'équilibre en illuminant les âmes plutot qu'en les plongeant dans de l'obscurantisme"

Ma main retourne sur son pupitre. Je reprends un peu ma respiration avant de finir.

"Mais je ne suis pas un politiciens. Et le Révérend Doriq a bien montré, que je n'étais malheureusement pas au fait des lois et de leur création. Je pense donc qu'inculte sera peut être mon adjectif en fin de compte. Je sais que mes rêves ne se réaliseront pas seul, qu'il faudra des lois, des débats, peut être même plus de chaos. Je sais que la voie que je voudrais suivre, et que je voudrais voir le Culte suivre, sera semée d'embuches, de danger, de douleur et de doute. Mais tel est le destin des Centiliens, de remettre en question leur place, de chercher à affronter ce qui est mauvais, d'affronter l'injustice pour mieux gouverner avec justice. Ce que je pense, c'est que le Culte de Centile devrait lui aussi embrasser son destin"
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Ven 30 Oct - 1:49

Doriq a très vite un long soupir après le début de ta tirade. Il s'enfonce alors dans son siège, à moitié affalé et tire son com'unix pour jouer à un jeu de plateforme en 3D isométrique à la consternation de ses homologues. Il lève les yeux vers toi quand tu parles des Confédérés avant de retourner à son jeu.


Il y a un silence gêné à la fin de ton discours. Les Révérends sont tellement hallucinés par ce que tu oses dire que ta présence leur impose désormais un sentiment d'absurdité insoluble.


"Eh ben pour un gars qui se dit pas politicien, vous avez quand même le lénifiant de leurs discours et la langue de bois bien pendue. En termes de "j'évite de répondre à la question," y a respect."


Delwin synthétise ton propos en disant ce qui semble être sur toutes les lèvres.



"Mais... en fait... vous voulez la mort de Centile ?" 


Doriq lâche son jeu pour prendre une voix effeminée en lui tapotant le bras de façon manièrée. 



"Mais naaaaan, Delwin, t'as rien compris. En fait voilà ce qui se passe. C'est comme si le Frère Orlov me proposait un poste et toi, tu veux le tuer. Alors je vais le voir et je lui demande de me donner son pistolet pour que je te le donne, et après je lui dis juste "on verra bien ce qui va se passer". Et quand le Frère Orlov me dit "pourquoi tu veux faire ça ?", je dis que c'est parce que tout le monde il mérite d'avoir un pistolet. Surtout toi parce que t'es ma copine.


J'ai bien résumé ?" demande-t-il en se tournant vers toi sans perdre son personnage. 


Question rhétorique bien évidemment, c'est pourquoi le Révérend Mu de Hyt reprend en essayant de se montrer plus pedagogue.


"Ecoutez, je vais essayer de prendre un exemple pour que vous compreniez à quel point ce que vous dites est dangereux.


Il existe un incarnat qui a à peine dépassé le niveau de la Troisième Couronne. Dans ce monde, il y a plusieurs nations, plus d'un centaine et pourtant seulement cinq sont en possession de l'arme nucléaire. Et ces cinq pays dominent cet incarnat et participent à pas mal d'injustices et d'inégalités au sein de leur incarnat. Pourtant, donner la bombe atomique à tous les autres pays est à peu près le moyen le plus sûr pour que les habitants de cet incarnat s'autodétruisent, étant données les tensions qui existent.


Même les gens les plus antisystème de ce monde sont d'accord là-dessus. Est-ce que vous vous rendez compte que ce que vous proposez est moins une posture anti-impérialiste qu'un crime contre l'humanité ?"
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Ven 30 Oct - 3:29

J'encaisse les paroles comme un boxeur encaisse les coups sur sa garde. La sueur vient se placer sur mon front alors que je tente de bien emmagasiner les informations. Même si le Révérend Doriq tente de me tourner en ridicule. Il parle de langue de bois quand j'essaie encore de discipliner mes idées. Il s'amuse à tenter de me parodier sans chercher à voir où je cherche à aller. Mes idées sont elles fausses ? J'avoue que je commence à douter devant cette salle pleine de sages. Toutefois, lorsque les termes "crimes contre l'humanité", j'avoue que la température monte. Je dois respirer alors que mes mains se resserrent sur mon pupitre. J'aspire, et j'expire pour faire redescendre la pression.

"Un crime contre l'humanité ?"

Je respire alors que mes dents se sont serrés. M'énerver ne ferai que rendre mon discours bien plus dangereux pour eux ... pourtant j'avoue que j'ai envie de hurler. Cela fait un instant que je n'ai pas répondu, je dois produire un son. Je dois me controler un peu.

"Désolé pour ce silences, Révérends. J'avoue qu'appeler mon acte crime contre l'humanité a fait réveillé quelques mauvais souvenirs ..."

Je prends une nouvelle respiration avant de reprendre.

"J'imagine que chacun d'entre vous à vu mon dossier criminel. J'ai vécu ce que les geôliers du Camps de Xi'Or font aux 42-3. Cela personne ne m'en avait parlé quand j'étais Prêtre. Mais j'ai du mal à savoir si, avec le recul, c'est ce qui m'a le plus effrayé. Est ce le fait qu'on maltraite des Centiliens, les poussant jusqu'à la folie, les utilisant comme cobaye qui m'a le plus révolté ? Ou bien est ce le fait que napalmer un monde sans véritable motif ne m'avait nullement touché ?"

Mes mots sont calmes, j'arrive à retrouver mes esprits et à ordonner un minimum mes idées ... Déesse faites que mes mots touchent juste.

"Les crimes contre l'humanité arrivent sur Centile. Certains ne sont même pas inquiété par une quelconque justice, parce que l'on craint pour l'équilibre ou la stabilité de Centile. Croyez le ou pas, mais même si je n'approuve pas l'acte, je le comprends. Je comprends aussi le principe de l'injustice nécessaire. C'est pourquoi, je voudrais répondre au Révérend Mu et sa question"

Je me tourne vers mon interlocuteur avant de prendre quelques secondes de réflexion.

"Je reprends donc l'exemple de cet incarnat... Leur monde est dirigé par 5 nations et est maintenu dans un équilibre de la terreur. La stabilité est certes présente. Selon votre théorie, si une nation cessait d'avoir l'arme nucléaire ou si une nation se rajoutait, cela provoquerai une auto-destruction, c'est bien ce que vous sous entendez ?"

Demandai-je dans une question rhétorique

"Pourtant, un jour ou l'autre, les autres nations elles aussi évolueront, leur technologie évoluera et elles aussi obtiendront l'arme nucléaire. Toutes les nations ne l'auront pas, bien entendu, mais les 5 nations originels n'auront alors de choix que d'intervenir militairement et de provoquer que plus d'injustice, de mort. Et pour cause, ils seront conscient des années, décennies, siècles d'oppression et d'injustice qu'ils avaient provoqué aux autres nations. Du coup, il préfèreront les oppresser encore plus plutot que de faire face à leur péché.


C'est là qu'une des nations opprimés arrive à développer, ou à voler une bombe. Et par un heureux coup du sort, elle change la donne en la faisant exploser. L'équilibre sera rompu et de là tout les scénari sont possible. La destruction du monde par une tempête nucléaire, une grande guerre meurtrière, une réorganisation de tout les états, ... bref. De ces événements il est impossible de prévoir ce qu'il en sortira. Du moins, moi j'en suis incapable. La seule chose dont je suis capable de prévoir se serait que tout terminera dans le sang et la misère.



Par contre, ce que je crois intimement, c'est que, plutot que d'opprimer les autres nations dans leurs petites guerres, elles s'étaient donné la peine de les aider, cela pourrait atténuer les ressentis sur le long terme"

Je prends un instant de pose pour revenir sur le sujet.

"Toutefois, utiliser un exemple aussi simplifié rend toute analyse caduque. Une de ces analyse serait de voir un Incarnat avec une seule Nation disposant de la 1ere Couronne alors que le reste du peuple est bloqué à la 3eme Couronne. La technologie n'est rien comparé à la volonté d'un homme ou d'un peuple. Opprimez le. Faites le souffrir et dans 90% des cas ils s'écrasera. Mais dans 10% des cas, l'homme ou le peuple en sortira plus vengeur, plus extrême, plus désespéré. Dans ces hommes et femmes se cacheront l'instrument de la chute de cette nation Impérialiste à mon humble avis"


Je balaie ma main devant moi.

"Mais pardonnez moi je m'égare, en hypothèse avec tout ces exemples. Ce que je veux dire, c'est qu'à l'heure actuelle, j'ai donné le secret des portails à une nation pour leur offrir une chance de faire mieux que nous en partant de plus loin. En personnes prévoyantes, Révérends, vous voyez le pire des scénario. Une nation aux portes de Centile avec sa technologie en main. J'aurais été fou de ne pas la prévoir à mon tour. Mais j'ai aussi vu les possibilités que cela pouvait amener"

Je me frotte le menton avant de tendre la main vers le Révérend Doriq.

"Pour reprendre la vulgarisation du Révérend Doriq, ce serait comme s'il était venu me demander un pistolet pour le donner à la Révérend Delwin. Et que je le lui aurais donné et qu'il m'ait dit "on verra bien ce que ca donne". Le Révérend Doriq le lui donne, parce que Delwin est une de ses amies. Si quelques jours plus tard, elle vient me voir en pointant son pistolet sur ma tête. Ce jour là, je ne compte pas demander au Révérend Doriq quoique ce soit. Par contre, avant que sa gachette ne presse la détente, je demanderai à la Révérend Delwin, "Pourquoi faites vous cela ?".


Si ce jour se produit, j'espère que je n'aurais pas donné de raison suffisante à sa haine pour qu'elle appuie sur la détente et que j'aurais été assez prévoyant pour que des snipers l'ait dans leur viseur"
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Sam 31 Oct - 23:37

Les visages de tes interlocuteurs se contortionnent plusieurs fois, faute de pouvoir trouver une logique dans tes propos désarticulés, ou de dégager une véritable idée cohérente dans tes dires. Tu poursuis, même quand Mu répond non à ta question rhétorique pour indiquer son caractère erronée.

Doriq, comme souvent, réagit le premier en se levant tout en attrapant son sceptre.


"Bon allez, j'me casse...


- Révérend, vous ne pouvez quitter le conclave ainsi sans même une délibération !



- Bah, regarde-moi faire, Mu. Ça fait deux plombes qu'on y est, je vais pas rester otage de sa logorrhée sans queue ni tête plus longtemps.


- Mu a raison, Doriq, on ne peut rompre le conclave sans délibération. Encore moins pour un prétendant envoyé par Galu !" poursuit Delwin.



"Mais mon cul... pas besoin d'être télépathe pour savoir qu'aucun de nous ne va soutenir un mec aussi timbré. Même les deux nouveaux qui auraient soutenu le candidat de Galu s'il avait eu le Q.I. d'un placard le soutiendront pas," dit-il à l'intention de Wascoski  et Paezo.


"Ce mec. est. cinglé. On m'en avait parlé comme d'un radical ou d'un terroriste. Je m'attendais à ce qu'il ait des positions à la rigueur plus républicaines que les créationistes multiversels; mais il est juste fou. C'est du grand n'importe quoi. Il se contredit trois fois en deux phrases, il répond à la moitié des questions, préfère la voie du choas et de l'anarchie en mode "on verra bien". Quand on lui explique que divulguer le secret des portails c'est contre la Volonté de la Déesse et que ça met tout Centile en péril (et je ne parle même pas du Multivers), il répond "YOLO".


Nan mais arrêtez deux secondes, c'est pas dans un conclave qu'il doit être, c'est un asile psychiatrique.


Bonallezjemecasse."      


Wascoski se lève à son tour mais pour parler d'une voix forte et interpeler Doriq puis toi-même.



"Une seconde. Avant que vous ne partiez.


Frère Orlov, vous dites que vous avez donné le secret des portails à une nation. De quelle nation parlez-vous ?"
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Dim 1 Nov - 0:05

Je vois Doriq s'en aller en m'envoyant ses critiques au visage. Je le vois presque briser une chose sacré qu'est le conclave. Il me traite d'illogique, il dit que j'élucubre dans des logorrhée interminable et que je perds le fil. C'est peut être le cas. Il n'est stoppé que par la question du Révérend Wascoski qui me pose une question à laquelle, malheureusement, je n'ai pas de réponse précise.

"D'après l'accord que j'avais passé avec Galu, Révérend Wascoski, il aurait fourni la technologie des portails à la nation d'origine des Linoriens qui ont été dans la bataille de Nephta ainsi qu'aux Niroyens dont le village a été réduit à néant par les "frasques" des rebelles sur Niroy"

Je me tourne vers le Révérend Doriq avant lui faisant signe d'attendre.

"Révérend Doriq, je vous prie d'attendre juste un instant avant que vous ne quittiez. Comme le Révérend Mu l'a bien signalé, on ne peut rompre un conclave sans délibération. J'entends bien que mes propos vous énervent et vous poussent à penser que je ne serai pas à ma place en tant que Grand Prêtre. De ma vie, je ne voudrais pas porter préjudice à ce conclave et, comme vous le dites, ma place serait plus en institution qu'ici même.


Si vous considérez véritablement que je suis inapte à ce poste, je vous conjure de me le dire. Je sortirai de cette pièce et briserai le conclave. Je préfère en assumer la faute, moi un simple Primus, qu'un Révérend ne voit sa réputation terni auprès de ses pairs et du peuple à cause de moi"

Je ne suis personne. C'est à peine si on connait mon nom si ce n'est avec les termes terroristes et fanatiques. Si des foudres doivent tomber sur le Culte, je préfère quelles tombent sur moi que sur ces hommes.
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Lun 2 Nov - 22:43

Il y a un grand étonnement dans la salle. Un lourd silence intrigué à l'idée que Galu ait pu passer un tel accord.


"Cela n'a pas de sens. Le Sage, faire une telle promesse ?" 


Après un moment de réflexion, c'est Doriq qui revient sur ses pas en faisant claquer son sceptre au sol. Il semble soudainement calme. Terriblement sérieux. 


"En vérité, cela fait beaucoup de sens maintenant."


Il te regarde comme on pose les yeux sur un condamné. La tristesse et la désolation le disputent au sens du devoir.



"Il ne vous a pas envoyé pour devenir Grand Prêtre, il vous a envoyé pour comparaître devant moi. 


- Comment ça ?


- Il existe bien peu de personnes capables de manipuler la mémoire. Et parmi eux, je suis le seul sur qui il pouvait compter.


- Quid d'Horini La Pieuse ? Elle me semblerait plus à même pour ce titre.


- Non... pas après cette guerre, pas après ce qu'elle a dû faire pour que nous la remportions" dit-il en continuant de te fixer.


"Vous êtes là pour que je vous fasse oublier sa promesse."



Doriq semble aussi terrifié que toi à cette idée. Une crainte explicitée par Delwin.



"Doriq, non seulement c'est illégal, mais ce sont les mots d'un Disciple que tu veux effacer ! Tu ne peux pas...



- Aussi illégal et contre le dogme que le projet de Mr. Orlov.



- Que se passera-t-il si cela se sait ??" demande Paezo, affolé.


Doriq qui avait tourné la tête vers eux, revient vers toi avec un rire triste plein de cynisme et d'ironie quand il reprend la phrase qui justifiait toutes tes motivations :


"On verra bien..."
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mar 3 Nov - 1:49

La discussion prend un cours étrange. Un traquenard à n'en point douter. Ainsi le Sage souhaite que nous tombions. C'était donc cela son plan ? Que nous oubliions ce qu'il doit ? Pour que nous oubliions ce qu'il doit à ceux qui se sont sacrifié pour lui. Je devrais être effrayé. Je devrais être en colère et outré. Mais tout ce qui apparait sur mon visage c'est un sourire.

"M'effacer la mémoire ? Hmm hmm hmhmh hahahahahaha"

Je n'arrive pas à contenir un fou rire. Je dois vraiment passer pour un fou à l'heure actuelle mais je ne peux m'empêcher d'admirer l'ironie du sort. J'arrive à me contenir après quelques secondes alors que je descende de mon pupitre.

"HAHA hahaha ... ha ha ... oh pardon, Révérend. Je vous promets sur mon âme que ce n'est nullement pour me moquer de vous que ... hmm hmm ... que je rigole"

Je lève mes mains en l'air alors que j'imagine que tout le monde doit s'attendre à ce que je me batte. Mais c'est loin d'être le cas. La situation est juste trop belle pour que je ne la savoure pas.

"Si j'étais vous, j'éviterai de toucher à cette mémoire. C'est pas tant que ce soit dangereux. Si le Révérend Doriq a le pouvoir pénétrer mon esprit c'est qu'il sait bien que je ne pourrais lui résister"

Je lève un doigt, le sourire sur le visage.

"Cependant ... Galu, dans sa sagesse, ne semble pas avoir pris en compte une petite variable. Une variable sur laquelle il a compté pendant la bataille de Nephta mais qui, aujourd'hui, se retourne contre lui : le Chaos"

Je m'approche de Doriq le visage presque apaisé.

"Un chaos qui aujourd'hui, vous mets, vous, Révérends, dans une posture encore plus facheuse que la mienne. Je vais m'expliquer.

A l'heure actuelle, vous êtes tiraillé entre devoir effacer de ma mémoire une promesse abusive du Sage ou devoir affronter ses conséquences.

Les conséquences semblent terrible et nécessiterai croire en la seule personne qui pourrait tenter de rendre le risque acceptable : c'est à dire moi. Mais le bon coté, serait que si quelque chose bascule, il sera toujours bon de blamer Alexeï Orlov, le renégat, l'excommunié, l'ennemi de Centile.

Effacer ma mémoire serait une solution appréciable, presque parfaite. J'oublie tout, j'imagine que vous seriez aussi capable de me faire retourner dans le droit chemin. Un exemple de repentance, un porte étendard qui pourrait rapporter beaucoup de fidèle. Mais il y a un mauvais coté à ce plan : c'est que la vérité est vouée à éclater"


Je fais face à Doriq pour qu'il voit bien que je ne suis pas un menteur. Et que ce n'est pas du bluff.

"Quelqu'un d'autre est au courant de la promesse du Sage"

La fusion des psychés et des âmes m'avait permis de lire les souvenirs de Staft, j'en possédais encore des bribes, mais ce que je sais, c'est que Staft, lui avait aussi pénétré mes souvenirs et vu ce que j'avais tenté de faire par pour le Multivers. En nous emmenant sur le champs de bataille pour fusionner, il ne pouvait prévoir cet échange, il ne pouvait prévoir qu'il serai le dépositaire de ma mémoire et moi le sien.

"Modifier ma mémoire, serai placer une bombe à retardement sous ce Concil, sous le Culte lui même. Parce que si vous effacez ma mémoire. Ce ne sera pas Galu, le Disciple, qui sera fautif, ou même moi"

Je lance un petit regard à l'assemblée.

"Ce sera vous, Révérends. Ce sera les fondations du Culte qui seront touchés"

Voyons si le débat redémarre sur l'égide de ces nouveaux éléments. Quand bien même ca ne serai pas le cas. Et qu'il décidait de faire disparaitre ma mémoire. J'aurais le sourire au lèvres en sachant que ces Révérends planteraient la graine de leur destruction.

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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mar 3 Nov - 9:59

Doriq s'asseoit sur la table en arc de cercle, écoutant ton discours calmement. A ta diatribe, il répond par un début de sourire calme, serein.


"Vraiment, Alexeï ? Vraiment ?


Est-ce là donc le peu de cas que tu fais de la Très Hautes Sagesse de Galu ? Réfléchis Alexeï. Rappelle-toi."


Doriq guide une résurgence de souvenirs qui étaient trop éloignés dans le temps au moment où tu les vivais pour envisager une quelconque connexion. Mais lorsqu'on les remet ensemble, ils créent un effet de dominos implacable :



Galu a écrit:
Si tu m'aides avec succès à enfermer l'esprit de Jialle lors de notre assaut, je te demandrai de devenir le Gardien de l'artéfact qui la contiendra.


Alors, je créerai, pour toi et tes alphas, un monde exactement selon tes désirs. Un monde clos où personne ne pourra ni entrer, ni sortir, tant que deux conditions n'ont pas été satisfaites. 


D'une part, qu'un individu du niveau d'un Gardien ait vu le jour, d'autre part, que ce monde sera presque parfait ou en tout cas largement plus que ce que Centile n'est aujourd'hui.

L'idée n'était pas venu de Gabriel, ni de Staft, mais bien du Sage.



Galu a écrit:
"Seulement quand ils sont confrontés à la mort, les hommes découvrent ce qui est vraiment important pour eux.


Rentrons Telagan, cet endroit appartient à Staft désormais."

C'est Galu qui a donné la base de l'Artisan à Staft. Galu qui lui a donné les moyens de créer son monde et donc de devenir le Gardien de l'Artéfact qui renferme Jialle.



Citation :
* Transmission aux PKS de Galu et Alexei pour annonce, un repli temporaire de mes unités est nécessaire dans huit minutes à cause de bombes EMP, Alexei, tu vas devoir être seul pendant dix secondes, exactement ... sauf si tu as absolument besoin que certain de mes machines meurt pour toi. *



Impossible de ne pas reconnaître la voix : il s'agit bien de Staft !



"Une fois de plus, votre propension à vous bercer d'illusions a parlé. Et n'avez-vous pas systématiquement échoué lorsque vous vous êtes raconté des histoire ?


Il existe une alliance politique entre le Gardien Staft et le Grand Galu. Une alliance aux fondements et aux enjeux bien plus forts que vos intérêts personnels. Pensez-vous vraiment que votre prétendu allié soit assez stupide pour mettre en péril son propre rêve que le Sage a aidé à construire ?


Avez-vous la prétention de surpasser le Disciple du Savoir au jeu de la diplomatie ?"


Un sourcil levé, il sait déjà que toute réponse de ta part ne sera qu'un babillage désespéré pour retourner une situation qui a été anticipée il y a bien trop longtemps par celui auquel tu t'opposes.


Il te renvoie un autre souvenir : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


"Mais la vraie question Alexeï est la suivante : pensais-tu vraiment faire un affront aussi insolent et manquer autant de respect à une sainte personne sans en subir les conséquences ?"


Cette fois-ci, c'est toi qui te rappelle les mots du Sage, réalisant subitement qu'il ne parlait pas de toi, mais de lui-même.

Galu a écrit:
Une belle "vengeance" pour toi... sans armes, ni haine cette fois-ci. Froide, comme certains l'aiment.
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mar 3 Nov - 13:37

Je secoue la tête à la dernière question de Doriq.

"Oh que non, Révérend, je comptais bien faire face aux conséquences de mes actes. Je l'ai déjà fait par le passé. J'en ai souffert mais je l'ai fait"

C'est étrange comment, une fois accepté que nous sommes entre les mains du Destin, tout parait moins ... effrayant. Chaque seconde est une opportunité, chaque mot est une bénédiction.

"Vous vous méprenez cependant sur mes pensées, Révérend. Je n'ai nullement la prétention de surpasser le Grand Sage dans le jeu de la diplomatie et de l'intrigue. Je n'ai pas la prétention de surpasser quiconque dans cette pièce dans ce domaine. En vérité, il n'y a qu'une seule chose en laquelle j'ai de véritable connaissance. Une seule chose que mon histoire m'a appris à subir, à craindre et à comprendre : la Vengeance"

Je me recule pour que mes mouvements prouve que j'englobe toutes les personnes de cette pièce.

"J'ai vu les ravages que celle ci peut faire. J'ai vu des esprits apaisé devenir des monstres et j'ai vu des actes hantant jusqu'à la fin ceux qui les ont proféré"

Je me souviens des meurtres de Gabriel, de Dolérian, Niroy, je me souviens de l'expression d'El'Ca quand il a décidé de ne pas abattre sa colère sur l'Ange. Je me souviens du vide de ce dernier. Je me souviens de mon vide avant d'entrer dans la Source. Je souviens de mon sacrifice pour y échapper. Mes yeux se baissent, partant dans le vague, alors que les souvenirs me reviennent.

"La Vengeance ne peut coexister avec la Sagesse et la Raison. Même si on pense le contraire, aussi Saint que soit le Grand Galu, aussi Sage qu'il soit, il n'échappe pas à cette règle. Seule la Déesse le peut vraiment"

Mon regard se repose sur le Révérend Doriq.

"Nous n'avons été que des pions pour le Grand Galu. Rien de plus rien de moins. Je le sais, et Staft le sait aussi. Mon manque de respect envers ce Saint Homme envers lui est venu de cela. De cette attente, après nous avoir manipulé aussi ouvertement, que nous obéissions à ses ordres sans rien dire ou demandé. Il aurait pu tenté de nous expliquer, mais n'en avait pas le temps. Il aurait pu me refuser ce que je demandais mais craignait alors ma réponse.



Et c'est ce manque de respect, sa faiblesse face à la crainte, qui porte la Vengeance de Galu sur moi. J'y étais préparé. Et comme vous le remarquez, je n'ai nullement opposé ou craint à ce que je disparaisse, physiquement ou psychiquement.



Ce qui m'attriste, Révérend Doriq, c'est que pour que sa Vengeance soit accomplie, il pousse cette assemblée à devenir son complice. Il vous force la main pour vous entrainer dans SA Vengeance"

Je me tourne vers l'assemblée, mes yeux aussi sérieux qu'ils pourraient l'être.

"Vous voilà alors tous dans la même situation que moi. Un choix qui pourrait engager des milliards de vies dans l'avenir. Des choix qui pourraient nuire à l'équilibre du Multivers tout entier. Préférez vous risquer un combat contre un ennemi qui, vous l'avez vu dans mes souvenirs, ne souhaite que vous grandir ? Ou bien préférez vous un petit meurtre qui, s'il était découvert pourrait détruire le Culte et l'équilibre qu'il défend ?"

J'imagine que la Déesse devait faire ce choix à chaque instant ... et on se demande pourquoi c'est une Déesse ...
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mar 3 Nov - 18:59

Doriq hausse les sourcils avec cette ironie caractéristique.


"Ô mon bon monsieur Orlov. Je sais quelle est la véritable grandeur des risques et me narrer vos fantasmes n'en changent pas la réalité. Aussi je sais très bien ce qu'il me faut faire.


Etes-vous prêt, Monsieur Orlov ?"


Tout à fait prêt à procéder, il te laisse te préparer psychologiquement pour la suite.
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mar 3 Nov - 20:54

Je lève mon doigt comme pour lui demander une faveur.

"J'aurais besoin d'une petite minute, si cela est possible. Je souhaiterai avoir l'occasion de me remémorer les mots de Galu, Jialle mais aussi Kaen si vous le permettez. Une dernière fois avant de disparaitre"

Je regarde le Révérend Doriq avant de montrer la Statue de Kaen qui trone au fond de la pièce.

"Puis je me recueillir là bas un instant ?"
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mar 3 Nov - 23:00

Doriq, toujours placide, fait un simple non de la tête.
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Mer 4 Nov - 0:46

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"Ainsi, je n'aurai pas la politesse de m'éteindre l'esprit tranquille ..."

Ma tête se baisse alors que le dernier geste du Révérend me blesse presque tout autant que le geste de Galu. Je me demandais alors où se trouve l'honneur de ceux qui se disent présider le Culte.

"Ainsi soit-il"

Je me tourne vers les Révérends dans la salle, estimant que Doriq allait surement être le dernier que j'allais voir. C'était celui qui allait me tuer en un sens. Je m'incline respectueusement, alors que ma main forme le Lotus qui éclot. Déesse, savent ils ce qu'ils font ?

***[Flashback]***

Avancer ... j'avoue que les jours qui ont suivi la bataille de Nephta m'ont plus ramené vers le passé que véritablement dans l'avenir. Mais j'avoue que cela ne m'a pas fait que du bien. Escorté par les membres du HCC, j'avais eu le droit de passer une nuit dans l'une des cellules du Monastère de Kushu, une cellule de prière ... Je n'en avais pas vu depuis près de 3 ans. On m'avait donné des vêtements pour couvrir mon corps dévêtu par Staft et mutilé par la Déviante. Perdu dans le bois et l'encens j'avais eu la chance de pouvoir me retrouver seul. J'avais pu prier pour mes amis tombé ... leur enterrement aura lieu dans peu de temps, mais je souhaitais prier pour leur âmes. Je devais transformer leur perte douloureuse en force. Le jour du concile approchait et je devais être prêt. On m'avait envoyé une tenue de prêtre. Noire et verte, celle de mon rang jadis, Primus. Je m'imagine dans cette tenue, au milieu de tout les Révérends avec leur bures bleues et ors. J'allais vraiment faire tache. J'avoue que cela me faisait sourire ... Cette tenue, celle qui caractérisait mon passé allait peut être devenir le symbole de l'avancement ... Mais quel avancement ?

Mon regard se perd sur mes vêtements. Ai je seulement une chance de les convaincre ? Et si ce n'est pas le cas ? Au vu de ce que je vais leur dire, je risque plus que l'excommunication. Je vais surement mourir. Je dois accepter le destin tel qu'il vient. Je dois accepter les épreuves. J'ai déjà connu la mort et j'ai rempli ma mission. J'ai rempli mon role dans ce combat peut être est il temps de se reposer ? De dire adieu à ce monde comme je l'avais fait. Aujourd'hui, je peux partir en paix. Plus rien ne me retient ici. Pourtant cette tenue de ténèbres et d'émeraude... Elle symbolise les combats que j'ai mené ... et ceux que j'ai encore à mener. Elle symbolise ma foi

***[/Flashback]***

Je suis toujours baissé alors que j'hésite entre fermer le lotus ou non ... j'hésite entre combattre pour ma vie et provoquer la première attaque terroriste sur ce Concile ou pas.

***[Flashback]***

Je prie devant la bure alors que mon âme voit les lignes de la réalité devant moi. Je les réaligne, j'en active certaines alors que tente de reproduire cette écriture si fine qui parcourait le dome. J'enchante ces vêtements. J'y place des protections et aussi des sorts capable de provoquer le chaos autour de moi. Il n'attendent qu'un déclencheur. Je pense alors à une révérence normal. Une révérence toute naturelle, mais qui se terminerait par une nuance. Un pied de nez au Culte. Un poing serré pour signifier la résistance à l'immobilisme et à la corruption. Un poing sur la table pour un Culte qui tenterait de m'éliminer...

***[/Flashback]***

Je me relève, mon poing ne s'est pas refermé. Kaen n'aurait pas voulu cela. Je lance un regard à Kaen. Déesse, vous m'avez soumis au jugement. Je suis prêt à me soumettre au Jugement de ceux que vous avez jugé digne de porter la bure des Révérends. Je prie pour qu'ils ne deviennent pas les pantins de Galu. Je regarde Doriq et m'approche de lui. Je lui tends ma mains, comme pour lui dire au revoir. Je prends une bonne inspiration alors que je me prépare. J'ai accepté le suicide une fois. Aujourd'hui, j'attends que Doriq m'assaille. Je prie que mes défenses psychique ne volent pas en éclat. J'espère qu'elles dureront assez longtemps pour que, dans le flot de mes souvenir, je cache l'ultime artéfact de ce que je suis. Jouer le tout pour le tout. Accuser l'attaque, faire le mort, pour mieux renaitre. Que la Déesse m'accompagne.

"Bourreau, fais ton office"

[4 point de Destin cramé pour planqué les germes de ma résurrection psychique]
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La Volonté de Kaen
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    Jeu 5 Nov - 6:59

[Mwahahahah...]

Doriq tend la main en plongeant ses yeux dans les tiens intensément.


*flllAAAAAAASSSSSSSSHhhhhhhhhh*


Le vent souffle si légèrement ce matin.

Il fait chaud aujourd'hui mais tu te sens certainement plus frais que l'homme que tu regardes marcher et dont les cheveux gris se mêlent à la sueur pour te coller au visage. Sa chemise de lin souillée de transpiration lui mordille la peau de ses coutures. Les cliquetis de ses chaînes accompagne chaque pas. Un garde en chemise rouge sous un uniforme blanc le fait avancer plus par devoir que véritable haine contre lui, tu le sens. Il accomplirait presque son office à contre-coeur.

Tu ne t'es jamais présenté devant les Révérends. Tu as immédiatement refusé la proposition de Galu. Catégorique, une évidence. Tu es contre le Culte. Tous, ils n'ont rien compris. Il n'y a que toi qui a tout compris du message de Kaen. Ils disent qu'Elle a réservé le droit de voyager entre les mondes aux centiliens (ou plus précisément à une certaine caste), mais toi tu penses que cela est faux. Le message a mal été interprêté ou les écrits sur lesquels il se basent ne sont pas authentiques. Toi tu sais. Toi tu as vu le Livre de Jialle. La vérité est là.



Tu as refusé immédiatement le poste de Révérend et par là même, toute possibilité de sortir ton frère de prison. Triste sort que le sien... survivra-t-il à la prison ou aura-t-il une remise de peine ? Impossible pour toi de le joindre désormais à cause de ce maudit miriate et du fait que tu sois (de nouveau) activement recherché par les autorités centiliennes. Tu as dû quitter le monde-père bien que tu l'aies sauvé. Te voilà sauveur et martyr, que demandez de plus ? Après tout, tu as sauvé Centile par bonté d'âme, non ?


Non.


Tu l'as fait par intérêt. Un intérêt bien clair dont tu te rappelles clairement. Dont tu t'es toujours rappelé. Galu t'a promis de livrer le secret du voyage entre les mondes à Niroy et Linor.  

 La foule siffle si lourdement le gouverneur.

Alors que tes poumons s'emplissent de l'air marin, le bruit du ressac au loin est de plus en plus couvert par les jurons. Progressivement, à mesure que l'homme s'approche de la Place du Cartel, tu entends les "Libérez-le ! Libérez-le !!" le disputer aux "A mort Gillian ! A mort le Gouverneur !" Il ne faut pas moins de deux bataillons de gardes pour tenir la foule en respect. 



Sous ta capuche noire et émeraude, tu suis les mouvements du condamné. 


Galu est injoignable. Aucune livraison miraculeuse, aucun contrat, rien pour t'appuyer. N'as-tu pas finalement été extrêmement naïf de compter sur la bonne volonté du Disciple quand tu lui arrachais un accord d'aussi mauvaise grâce. Pensais-tu que l'honneur était la monnaie des dieux quand elle n'est pas celle des humains et certainement pas la tienne ? Il va bien pourtant falloir trouver un moyen de pression pour lui faire honorer son contrat. 

La corde se balance si légèrement.

[Plan caméra, zoom sur la boucle de la corde, le visage d'un homme au milieu en perspective] Le condamné monte une à une les marches de bois, te permettant de le voir désormais distinctement au-dessus de la foule. Il croise ton regard pendant un instant. Tu lui accorde un signe de tête presque rassurant.



Ce polémiste est ta porte de sortie. S'il paraissait, sous sa plume, un livre narrant toute ton épopée. La vérité sur la Rebellion des Gardiens, sur Jialle, Kaen, sur Galu. Si un tel ouvrage paraissait, assurément les retentissements pourraient être terribles. Suffisamment pour contraindre Galu à respecter son contrat peut-être. 

Le Gouverneur Gillian est assis sur un trône ridicule en face de toi, bouffi de ses perruques blanches comme son teint parsemé de mouches. Le Juge Exeter déroule un parchemin pour déclamer d'un ton protocolaire :

"Monsieur Locke Eckhart, vous êtes accusé de haute trahison envers la République Impériale et la Confédération, de diffamation, de calomnies, d'avoir enfreint le 3eme amendement du 42eme article de la Constitution et de trouble de l'ordre public. Pour cela, le Gouverneur Gillian, souverain des terres de Niroy, représentant de l'autorité suprême du Président-Empereur Othon IX, vous condamne à mourir."

Deux soldats lui passent la corde au cou calmement.

"Le coupable veut-il prononcer ses derniers mots ?"

Dans l'assemblée, le silence tombe si lourdement.



Un demi-sourire nait sur son visage qu'il rejette en arrière d’un air condescendant, provocateur. Il détourne la tête un instant, et son sourire se change à la vue de l’immense foule qui n’est retenu qu’à grand peine. Lorsqu'il ramène son regard vers le gouverneur, le dessin de ses lèvres est plus provocateur encore que ma posture.

« Oui je désire faire des aveux mon cher gouverneur. Je l’avoue, je suis stupide ! »

Il laisse sa déclaration en suspens quelques instant puis reprends.

« Oui, je suis stupide d’avoir cru en ce pays, en ce gouvernement. Oui monsieur, je suis un indécrottable niais, j’ai même cru en la justice ! Ah, la justice ! Mais que signifie ce terme ? Je vous le demande cher gouverneur ! Non ne répondez pas au risque de paraitre idiot, c’était juste une question rhétorique. La justice a toujours été symbolisé par une balance parfaitement équilibré, signifiant que les sentences qu’elles prononcent sont à la fois justes, adaptées et méritées, mais aussi impartiales. Impartial … Voilà un bien grand mot. Un idéal, moi-même je dois l’admettre, l’objectivité totale n’existe pas, et je dirais même que l’objectivité à tout prix est même un mal. Mais dans ce cas, que faut-il faire ? Comment s’assurer qu’un jugement s’approche de l’impartialité. Et bien je vais vous le dire… »

Il se met à crier, et au fur et à mesures que son discours se déroule, il augmente encore plus le son de ma voix, au point de se faire mal à la gorge. 

« Il faut faire appel à la subjectivité du plus grand nombre. Rassemblez nombres de gens, soumettez leur l’affaire, dites-leur tout, tous les points, toutes les preuves, qu’ils écoutent et la version de l’accusation et celle de la défense, et qu’à la fin ils rendent un verdict le plus impartial possible, car si ils sont très nombreux à dire la même chose alors qu’ils sont en toute connaissance de causes, c’est qu’ils ont sans doute raisons. »

Il se détourne du gouverneur et du juge, lève les bras en l’air malgré ses menottes, et s’époumone, permettant à sa voix de porter au loin.

« Alors monsieur le gouverneur, monsieur le juge je vous demande de raconter en détail l’affaire à cette foule ici présente afin qu’elle puisse rendre un juste verdict ! »



Puis il narre son histoire. Comment il t'a sauvé à la West Station, parce que cela lui semblait juste et que vous partagiez le même combat. Comment il a participé au soulèvement de la 4eme Couronne de Dénéo 6. Comment il a lutté pour que le peuple redistribue les cartes du pouvoir et comment la Rébellion des Gardiens a offert un superbe prétexte au Gouvernement pour écraser une révolte qui s'étendait. Comment il a poursuivi son combat, jusqu'au Sénat Impérial alors sous la tutelle d'un Galu Régent qui triait le bon grain de l'ivraie. Comment la purge sénatoriale lui a donné raison. Comment le Sage le soutint indirectement dans la remise à plat de la Constitution juste avant que le Sénateur Damaranth ne vienne ruiner tous ses efforts pour prendre une voie prétendument progressiste mais véritablement contre-révolutionnaire.


Il parle d'à quel point il a perdu la partie en tant qu'individu mais le peuple a gagné en réalisant qu'il pouvait se faire entendre et que ce n'était qu'une question de temps avant qu'une Seconde République ne voit le jour. 


Il parle bien. Il parle vrai. Il écrit encore mieux. Et si la foule le porte de ses cris à la fin de son histoire, le Gouverneur, lui, s'apprête à exécuter la sentence implacablement.


Le noeud se serre autour de son cou. Locke ferme les yeux. 
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MessageSujet: Re: Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue    

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Tome 1 : Certains l'aiment froide; Epilogue

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